Jennifer, une rencontre avec un inconnu au musée…….
Dans son sac résonna une vibration désormais familière. Détachant ses yeux de la somptueuse toile de Matisse, ‘'Le Rêve'', Jennifer consulta son smartphone pour lire le SMS envoyé par F. ‘'Retrouvez l'inconnu au fond du jardin, à droite derrière les tuyas''. Jennifer sentit, immédiatement, une irrésistible excitation dans ses reins. Tout avait commencé quelques heures plus tôt. Avant même son départ pour Nice, les SMS s'étaient succédé à un rythme soutenu. F. lui avait, tout d'abord imposé, la liste des vêtements et accessoires à mettre dans sa valise (robes moulantes, lingerie noire en dentelle, escarpins vernis et sex-toys (qu'il avait pris soin de lui faire envoyer par une société spécialisée). Puis, installée dans le TGV, Jennifer avait reçu l'ordre suivant ‘'Va aux toilettes et enlève culotte et soutien-gorge''. Ensuite, s'étant exécutée ‘'Laisse tes sous-vêtements dépasser de ton sac afin que ton voisin devine que tu ne les portes plus, mais ne lui montre rien''. F. avait réservé à Jennifer un siège en première classe, tablant sur une fréquentation plus masculine et il ne s'était pas trompé. En face d'elle, de l'autre côté du couloir, un homme en costume sombre travaillait sur son ordinateur en la couvant des yeux. Ensuite, elle avait reçu les mots suivants ‘'Soutien son regard et souris-lui, puis retourne à ton journal sans plus lui prêter attention''. La lecture du Monde l'avait prétendument absorbée un bon moment, même si l'article sur les élections au Mali dansait devant ses yeux tandis qu'elle sentait le regard insistant de l'homme sur ses jambes nues. Elle prenait garde à tourner les pages régulièrement pour camoufler son trouble. Garder son sang-froid tandis que le trouble de Jennifer, qui bouillait déjà entre ses cuisses, était presque le plus excitant de l'affaire. Plus tard, F. demanda à Jennifer, si elle se tenait jambes croisées, et sur sa réponse positive lui enjoignit de les décroiser sans quitter son journal des yeux, et de les tenir ainsi, décroisées, mais serrées. Elle s'exécuta, et sentir sur elle le regard de l'homme aux aguets, fit rosir ses pommettes. Plus tard, à plusieurs reprises, F. lui ordonna d'ouvrir légèrement les jambes. Au bout de quelques minutes durant lesquelles l'acuité du regard de l'homme lui brûlait la peau, il lui ordonnait de les refermer. Le TGV passa à Lyon, Jennifer se sentait excitée (de plus en plus), tant par les ordres qu'elle recevait de F. que par le regard du passager inconnu. F. lui envoya un message, lui ordonnant de lever les yeux afin de croiser le regard de l'homme. Celui-ci la salua en inclinant la tête, un sourire ironique aux lèvres. Il semblait presque savoir à quoi s'en tenir Jennifer se demanda même s'il ne faisait pas partie du programme, placé là tout exprès par son commanditaire pour la surveiller et vérifier qu'elle suivait bien à la lettre les instructions reçues… Celles-ci continuèrent à se succéder. Elle retourna aux toilettes pour mettre en place le rosebud envoyé à l'avance. C'était un bijou élégant et sobre, en métal brillant, terminé par une pierre taillée à facettes. Elle l'inséra dans son cul avec une facilité confondante, savourant ce si particulier et délicat plaisir mêlé de contrainte. Regarder dans la glace ses fesses ainsi ornées la fit frissonner. Difficilement, elle résista à l'envie de se toucher et rabattit sa robe car F. lui avait interdit depuis plusieurs jours de se procurer le moindre plaisir solitaire. Jennifer était déjà chaude comme la braise, deux heures avant l'arrivée à Nice. Ça promet, pensa-t-elle. L'insertion du rosebud ne pourrait guère être vérifiée par le passager mystère, pensa-t-elle en rejoignant sa place, croisant son regard inquisiteur. Sauf si… Elle frémit en imaginant ce que le prochain SMS pourrait lui demander. Peut-être de retrouver l'homme aux toilettes ? Elle rougit violemment à cette idée, d'abord de frayeur, puis de ce qui ressemblait fort à de l'excitation. Le ferait-elle ? Il lui semblait bien qu'elle en serait capable, capable d'aller jusqu'au bout de cette soumission, imposée par F. et qu'elle subissait avec un plaisir coupable. Trempée, elle s'agita sur son siège, inquiète à l'idée de laisser sur l'arrière de sa robe une tache de forme si reconnaissable. Toujours sous le regard du passager, elle déroula son écharpe sur le siège et s'assit par-dessus en dégageant l'arrière de sa robe. Le souvenir d'Histoire d'O, la manière dont son amant lui ordonnait de s'asseoir toujours, lui traversa l'esprit et acheva de l'embraser. Le voyage serait long, décidément, et Le Monde aurait bien du mal à capter son attention. Le TGV arriva à Nice. Jennifer monta dans la voiture envoyée par son commanditaire (F. était son commanditaire), posa sa valise à l'hôtel et y vérifia la présence de l'enveloppe contenant ses honoraires (élevés) puis, sans se changer ni se laver, avait-il précisé, Jennifer se rendit à l'exposition ‘'Matisse et Picasso, la comédie du modèle'' au Musée Matisse. Les sensations procurées par cet état d'obéissance correspondaient en tout point à ses espérances quand elle s'était lancée dans cette aventure. Depuis longtemps le fantasme de la call girl de luxe occupait son esprit. Loin de considérer cette position comme humiliante, elle tendait à la voir comme puissamment excitante. Imaginer un homme la désirant au point de payer pour l'avoir, de payer très cher, flattait son narcissisme et excitait son imagination. Toujours, dans le sexe, le désir de l'autre avait été son moteur. Les compliments sur son corps, son sur élégance chic, l'expression du désir et du plaisir qu'il provoquait la comblaient. ‘'On obtient beaucoup de moi par la flatterie'' se plaisait-elle à dire, afin de faire comprendre à ses amants qu'il était l'heure d'ouvrir la boîte à compliments. Qu'on la désire jusqu'à payer le prix fort, telle était la motivation première de son fantasme. Sa deuxième motivation était la position dans laquelle la mettrait ce type de transaction. L'idée de se soumettre aux désirs d'un inconnu ou d'une inconnue, comme pur objet de plaisir, était ce qu'elle préférait dans le sexe. Elle détestait être aux commandes, elle aimait que son ou sa partenaire disposât d'elle au gré de ses envies, manipulât son corps à sa guise. Elle aimait ressentir cela avec ses amants ou amantes. S'abandonner à leurs injonctions, à leurs ordres, à leur envie de disposer son corps dans telle ou telle position lui permettait le lâcher-prise total qui la mènerait à coup sûr à l'orgasme… pour peu que l'autre sache s'y prendre. Pour jouir pleinement, elle devait débrancher son cerveau et lâcher les commandes. Dans l'esprit de Jennifer, le fait que quelqu'un paye le plaisir de la soumettre la libérerait encore plus totalement de toute inhibition. Se prêter à la demande de l'autre, sans état d'âme, sans se poser de question, exécuter ses ordres, devenir un objet de désir et de plaisir, parce qu'il ou elle payait pour ça… l'idée lui donnait le frisson. À ce prix, et à ce prix seulement, elle pourrait s'autoriser à assouvir ce besoin profond de soumission qu'elle ressentait sans l'assumer encore. D'autant que Jennifer plaisait beaucoup. Elle n'avait aucun mal à conquérir à peu près qui elle visait, mais de là à se faire payer trois cents de l'heure ou plus… Or, pour que son fantasme fût complet, il fallait qu'il soit réaliste. Un jeu de rôles avec paiement pour de faux ne la satisfaisait pas. Elle voulait, non seulement, qu'on la paye vraiment, mais qu'on la paye un prix élevé, correspondant au marché des call girl de luxe. Elle n'entendait pas se brader. Pour que la symbolique opère, il fallait que l'homme ou la femme paye le prix fort……. Ce qu'elle avait à vendre était la disponibilité de son corps et de ses orifices, sa capacité de soumission, l'intensité de son plaisir de femme. En somme, en la payant l'homme ou la femme obtenait le droit de jouir d'elle et de la faire jouir. F. (son commanditaire) l'avait contactée via Facebook. Sur ce compte ouvert sous pseudo, elle célébrait l'alliance du sexe et de la cérébralité et publiait des nouvelles érotiques, des articles, des photos de nus déjouant la censure, qu'elle partageait avec des contacts portés vers les mêmes centres d'intérêt. Ils échangèrent durant plusieurs semaines et F. se déclara prêt à réaliser son fantasme de faire d'elle une call girl de luxe ponctuellement. Les conditions, pour Jennifer, étaient parfaites. Elle était en confiance, elle était séduite, il connaissait son mode de fonctionnement. Lui était excité par la perspective, sans jamais se faire connaitre, de pouvoir disposer d'elle à sa guise, de la faire sienne l'espace d'un journée ou d'un week-end, en la louant (très cher) à des inconnu ou inconnue Curieux aussi d'explorer avec elle l'effet que lui ferait la réalisation de ce fantasme. Et maintenant la voici à Nice, au Musée Matisse, nue sous sa robe de soie, le cul comblé par un rosebud, le sexe palpitant et si trempé par son excitation qu'elle a dû se rendre aux toilettes pour essuyer son plaisir qui menaçait de couler le long de ses jambes. Depuis son arrivée, Jennifer dévisageait tous les hommes qu'elle croisait. Elle ne disposait que d'une brève description de l'homme qu'elle devait rencontrer mais elle savait qu'il était là, qu'il l'observait, qu'il devinait sous ses vêtements son corps, qu'il a vu en photo. Elle ne rendit guère justice au génie de Matisse et de Picasso réunis par cette superbe exposition. Son esprit était ailleurs Son cerveau s'était niché au creux de ses cuisses et refusait d'en bouger, ses yeux quittaient les tableaux pour guetter un regard plus appuyé que les autres, un signe qui le distinguerait… Jennifer reçut un nouveau SMS ‘'Retrouvez-moi au fond du jardin, à droite derrière les tuyas'' Cela sonna, pour Jennifer, comme une délivrance ‘'Enfin se dit ‘elle''…. Elle sourit à cette pensée. A-t-on jamais vue une call girl plus pressée de rejoindre son client ? À se demander lequel des deux devrait payer l'autre… Elle sortit, essayant de contrôler sa précipitation ‘'Calme-toi enfin, tu perds toute crédibilité à courir ainsi ventre à terre. N'oublie pas qui paye !''. Elle respira profondément, se composa une attitude nonchalante, distinguée et détachée malgré les battements sourds de son coeur. Quand elle arriva derrière les tuyas, Jennifer avait retrouvé tout son sang-froid et s'apprêta à sourire à l'homme qui devait l'attendre, à lui donner sa main à baiser et à le saluer d'une voix calme et posée, un léger sourire aux lèvres. Mais, derrière les tuyas, elle ne trouva qu'un local technique dont la porte est fermée à clé. Déstabilisée, elle attendit, les oreilles aux aguets. Une voix la fît sursauter ‘'Tu es très belle, Jennifer. Encore plus belle que sur tes photos. Une délicieuse putain, je suis très heureux que tu sois à moi durant ces quelques heures. Tu m'obéiras, n'est-ce pas ? Je te paie pour ça''. ‘'Oui. Je serai à vous, répondit-elle, intriguée de ne pas le voir, mais rassurée par cette voix grave. ‘'Place-toi face au local. Ferme les yeux. Pose tes deux mains sur la porte. Écarte tes jambes et cambre tes reins, que je voie bien ton joli cul de putain. Et tais-toi. À partir de maintenant tu parleras quand je le voudrai''. Jennifer s'exécuta, frémissante. Elle l'entendit s'approcher derrière elle. Il se colla contre elle et attrapa sa nuque, la serra fort, puis tira doucement, mais fermement ses cheveux pour basculer sa tête en arrière et s'emparer de sa bouche. Sa langue la fouilla sans ménagement, son autre main caressa son cou puis ses seins. Jennifer brûlait d'envie d'ouvrir les yeux, mais s'efforça de jouer ce jeu qui l'excitait terriblement. L'inconnu quitta sa bouche, la tenant toujours par les cheveux. ‘'C'est l'une des premières fois que tu fais la pute, n'est-ce pas ? Réponds-moi !. ‘'Oui, répond-elle, c'est seulement la troisième fois, Monsieur''. ‘'Tu te souviendras de cette troisième initiation alors, fais-moi confiance. C'est moi qui paie, mais tu vas jouir comme jamais. Seulement, tu vas jouir comme je le voudrai, et quand je le voudrai. Et tu vas me faire jouir, aussi. Quand et comme je le voudrai. C'est pour ça que je te paie. C'est compris, jolie petite putain ? ‘'Oui''. ‘'Oui qui ?'' ‘'Oui… Monsieur ?'' Il éclata de rire…''Monsieur, voyez-vous ça comme elle se soumet vite ! Pourquoi pas, va pour Monsieur. Quand tu me parleras, quand je t'y autoriserai, tu me vouvoieras et m'appelleras Monsieur''. Puis, il souleva sa jupe pour découvrir son cul orné par le rosebud. ‘'Quel joli petit cul. Comme il est bien décoré. Tu as suivi mes instructions, c'est bien''. Jennifer cambra davantage les reins, mourant d'envie que ses doigts au moins viennent soulager le désir qui l'inondait. Il caressa ses fesses, passa les doigts entre ses jambes, effleurant légèrement, trop légèrement sa chatte ouverte et trempée. Puis, il glissa un doigt à l'intérieur, puis deux, elle en soupira de soulagement, tremblant d'envie qu'il prolongea la caresse…Mais, l'inconnu les retira aussitôt pour les porter au nez puis aux lèvres de Jennifer qui n'en pouvait plus. Elle huma et goûta son parfum familier, puis suça avidement les doigts qu'il lui proposait. Il rit et les retira. ‘'Regardez-moi ça, comme cette belle salope crève d'envie. Tu veux ma queue, Jennifer, tu la veux dans ta bouche ?. À cette idée Jennifer frémit de convoitise ‘'. Oui, Monsieur, j'aimerais beaucoup. ‘'J'aimerais ça aussi, reprend-il..Mais plus tard. N'oublie pas que tu es à ma disposition, et pas l'inverse. C'est moi qui déciderai de ce que tu auras et quand tu l'auras. Tu m'appartiens. Pour l'instant, tu vas rabattre ta robe sur ce joli cul, retourner voir cette exposition à laquelle tu n'as pas consacré l'attention qu'elle mérite, et tu me rejoindras à l'hôtel à seize heures précises, pas avant. Mais, tu vas porter un nouvel accessoire. Il lui glissa entre ses jambes ce qu'elle reconnut comme un oeuf en silicone… qu'il fit vibrer aussitôt, lui arrachant un cri de plaisir. Une tape sèche sur les fesses sanctionna cet écart ‘'Tais-toi, Jennifer. Je t'interdis de crier. Va rendre hommage à Matisse et Picasso, mais en silence. À tout à l'heure, ma belle putain. Et il disparut derrière le cabanon. Elle n'aura vu que son dos habillé d'une chemise blanche, un pantalon beige et des cheveux poivre et sel. Elle se demanda quelle était la portée de sa télécommande… mais elle devina que la suite de la visite sera aussi excitante que malaisée. La visite et le week-end ne faisaient que commencer.